Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /Juil /2009 23:02
L'histoire est ce que la conscience humaine a de plus valable et de plus solide, en ce sens que l'histoire de l'humanité est "increvable". Les esprits malins et malsains ont la manie de transformer l'histoire en leur faveur et la charges de ceux qui ne sont pas de leur cercles. C'est ainsi que trop d'histoiriettes ont été, et le sont encore malheureusement, véhiculées par ci et par là à propos des peuples africains, mues de diverses objectifs. Une de ces historiettes les plus vulgarisées sur les noirs d'Afrique est celle du cannaibalisme que le blanc lui avait prêtée. A tort? A raison? De bonne ou de mauvaise foi? la question ne se pose plus aujourd'hui. En effet, quand on voit la sacralisation que les Africains accordent aux morts, et la toute puissance que ces derniers sont sensés posséder selon la cosmogonie africaine, il est au delà du raisonnable de croire que les Africains auraient eu le courage de s'accaparer d'un cadavre et d'en manger. Alors il se pose la question de savoir d'où le blanc tenait-il cette ignomnie excusivement adaptable au cinéma?  Pourquoi était-il hanté par une telle scène macable qui n'effleurerait même pas l'imaginaire la plus éloigné des Africains, qui vomiraient à la seule évocation de la scène? A moins d'en être soi-même un adepte, il nous semble que l'on ne puisse pas imaginer que la personne humaine soit consommable.

Justement, c'est à cette dernière hypothèse qu'adhère Y. Basile, historien, dont les écrits serviront de base à analyse.


 
    L'histoire de Y. Basile commence par une inetrrogation: "Que n'ai-je entendu dans ma jeunesse sur les cannibales Nègres?". Sans prendre le temps de se répondre, tellement il en a trop enetendu, l'historien poursuit par un témoignage banal, mais qui a le mérite d'avoir déclencher en lui cette motivation à établir une vérité historique: " Au cours d'une réunion de la IIme Internationale Socialiste, avant la première guerre mondiale, le socialiste Kautsky, dénonçant le colonialisme, s'était fait apostropher par le délégué hollandais Van Kol par ces mots (je cite de mémoire) : "Va donc prêcher le socialisme chez les Nègres si tu veux servir de festin aux cannibales"" . La remarque de Van Kol ne sont pas tombées à l'oreille d'un naïf qui crois passivement à tout ce que l'on lui raconte sur les étranger vivant de l'autre côté de la mère dont l'histoire est par conséquent difficile à vérifier. Certes, Y. Basile n'a pas la possibilité de faire la marche arrière de l'histoire pour sa curiosité, mais fort heureusement, la roue de l'histoire tourne. Et c'est au court d'une de ces tournée que Basile vérifiera la véracité des propos du Hollandais. En effet, affirme Basile, "c'est en lisant plus tard l'histoire de l'Afrique Noire que je me suis rendu compte que tous ces prétendus "cannibales Nègres" n'étaient que la tentative (longtemps réussie) de justifier les "pacifications" et chasses aux esclaves transportés ensuite outre-Atlantique sur les navires qu'Aimé Césaire appela avec raison des Géhennes Flottantes. Voilà pour les cannibales Nègres", conclut-il. Même si l'auteur de le précise pas, personne n'ignore aujourd'hui que ce furent ces pretextes qui servirent aux invasions coloniales avec ses méthodes de "pacifications" qui firent des peuples Africain, les peuples les plus soumis. Oui , quand on a vécu pendant plus de deux cents ans sous la botte de l'armée coloniale qui piétina, maltraita, tortura fils, père et grand père; qui viola fille, femme et mère; et pour finir incendia cases, hameaux et villages sans sommation, comment ne pas avoir crainte pour celui qui tortura et continue à torturer! Mais la roue de l'histoire tourne toujours, et l'Africain redevient fort, audacieux prèt à renverser la tendance ( car le Nawada de Siou ne se déclare jamais vaincu, mais il sait faire semblant de capituler pour mieux attaquer).

Les noirs qui se servent des hommes commes repas à leurs festins? Ca s'appelle le cannibalisme. Le blanc à frappé fort, très fort fort, tellement fort qu'il a réussi à monter la même théorie à l'égard des Indiens: l'anthropophagie.
    ANTHROPOPHAGES. Ce mot est un composé grec de "anthropos" = "homme", et "phagos" = "qui mange". Naturellement, explique notre historien Basile, quand le mangé est un homme.  Mais, selon lui, ce ne fût l'homme, le blanc qui fût mangé, au contraire. Car justement, Y. Basile, en poussant sa curiosité plus loin fit d'autres découvertes étonnantes. Oui il découvrit que les Indiens étaient mangé par les blancs, les conquistadores des amériques.   D'après ceux qui subjuguèrent les Indiens, ces derniers n'étaient pas des hommes mais "l'animal le plus proche de l'homme". Cependant ce ne fut pas parce que les Indiens étaient des "animaux" que l'homme blanc en a mangé, se permet-il de préciser. Quand il est un Indien, l'homme blanc qui l'a mangé n'est plus un anthropophage mais un indianophage!? Voyons donc comment on devient indianophage. "Conquistar" est un mot espagnol, mais, comme le précise Basile, il n'y a pas eu que des Espagnols pour avoir été conquistadores. Quand le grand Empereur d'Autriche Charles Quint, , en même temps roi d'Espagne Charles I, s'était trouvé en difficulté de trésorerie pour corrompre les Grands Electeurs Allemands (qui le hissèrent au trône impérial d'Autriche contre François 1er) explique t-il, il vendit toute la côte Nord de l'Amérique du Sud (Venezuela et Colombie) avec droit de s'enfoncer aussi loin que l’on pût à l'intérieur. Les acheteurs étaient la grande Maison WEISER de Augsbourg en Allemagne, qui l'acheta pour y organiser la Ruée vers l'Or et surtout la chasse à l'homme (pardon, je voulais dire la chasse à l'Indien) pour le marché d'esclaves de l'Ile La Española où le commerce le plus florissant alors était le trafic de chair humaine.


    On lit dans l'histoire de Colombie du Révérend Père Jésuite Rafael M.GRANADOS qu'une expédition composée d'un groupe d’allemands et d'espagnols parti chasser l’Indien avec pour chef l'allemand Ambros DALFINGER. Mais laissons plutôt Pater Granados nous conter cette historiette en commençant par le pedigree de Dalfinger :
"...prototype de soldat aventurier et cruel, il arriva fin 1528 avec son armée(...). Tous étaient autorisés à voler leur or aux Indigènes, brûler leurs huttes et pratiquer la chasse à l'esclave. Dalfinger était accompagné de 160 soldats d'infanterie et de 40 cavaliers, pour entreprendre une expédition profonde. Pour empêcher les Indiens capturés de s'enfuir, ils les transportèrent la tête enfilée dans une longue chaîne. Si un malheureux, accablé, n’avait plus la force d’avancer, on lui coupait la tête pour dégager la chaîne..."
    Et on lit plus loin que n'ayant pas reçu depuis longtemps de ravitaillement,
"...tenaillés par la faim, ils tuèrent des Indiens pour les manger. Les membres de l'expédition eurent alors peur les uns des autres et se dispersèrent..." (Rafael M.Granados, S.J., HISTORIA DE COLOMBIA, Medellin 1953, p.p.101 et 102.)
    Dispersés parce qu'ils voulaient bien manger des Indiens mais pas être mangés par leurs frères d'armes; la confiance régnait, ils se connaissaient bien.
    Pour la plupart de nos historiens les Européens allèrent en Amérique (et ailleurs...) pour, entre autres bonnes causes, "mettre fin à des pratiques barbares de consommation de chair humaine". Mais, nécessité faisant Loi, quand on est un homme civilisé, au lieu de se nourrir de racines comme faisaient les "sauvages Indiens" en nécessité, "sans Loi", ils préférèrent manger des Indiens plutôt que des racines bonnes pour les "sauvages", se permet-i d'ironiser. Après tout, avec cela ils ne commettaient pas d'anthropophagie, mais de l'indianophagie, puisque l’Indien était bien "proche de l'homme", mais "animal" tout de même. Il y a certainement eu bien d'autres cas semblables, mais, pudeur, les chroniqueurs et les historiens de l'époque n'étaient pas tous des Grenados, précise Basile.
    Un autre cas presque semblable,  (presque parce que raté, les "sauvages" Indiens ayant couru plus vite que les indianophages)rapporte Y. Basile, se produisit avec des pirates (pardon, des "Corsaires"!) de Sa Gracieuse Majesté Britannique Charles II. Le pirate Anglais Sir Henry Morgan, anobli par son roi en récompense de ses pirateries, s'était une fois enfoncé avec ses hommes trop à l'intérieur de l'Isthme de Panama en porteur de civilisation. Affamés, lui et ses hommes, dans leur chasse aux vivres :
"virent une centaine d'Indiens de l'autre côté de la rivière s'en aller en courant. Quelques boucaniers plongèrent et nagèrent jusqu'à la rive d'en face, résolus, s'ils tuent un Indien et ne trouvent par de vivres chez eux, de le manger." (Exquemelin, THE BUCCANIERS OF AMERICA, Penguin, Londres 1969, page 189.)
    Voilà terminé des cas d'indianophagie. Voyons maintenant un peu à propos d'anthropophagie, c'est à dire des cas où les mangés étaient des anthropos, des Européens, seuls dignes du nom d'hommes, et mangés non pas par des Indiens ou des "cannibales nègres", mais par leurs propres frères d’armes.
    Alors, a n t h r o p o p h a g i e ! En août 1535, raconte Basile Y., une flotte de douze navires leva l'ancre des eaux du Guadalquivir en Espagne, en direction de l'Amérique du Sud, composée de 1.500 hommes dont 100 Allemands sujets de Sa Majesté Impériale Charles Quint d'Autriche, et 100 chevaux. Au bout de quatre mois ils atteignirent l'estuaire du Rio de la Plata, là où se dressent aujourd'hui les gratte-ciel de la gigantesque Buenos Aires. En arrivant ils prirent contact avec les Indiens locaux, les Querandis. Comme partout ailleurs, avant de faire leur connaissance, les Indiens les reçurent dans une ambiance de grande hospitalité. Les Querandis étaient un peuple qui vivait de pêche et de chasse. Ils avaient tout fait pour les régaler de poissons et gibier, heureux de découvrir des hommes qui n'étaient pas faits comme eux. Mais comme l'hospitalité tournait au vasselage, tout "sauvages" qu’ils étaient, ils osèrent se fâcher comme ferait tout homme normal envers un "hôte" qui s'installe chez-vous en maître de céans. Nos Querandis s'enfoncèrent donc à l'intérieur de leur forêt pour fuir ce genre d' "hôtes". Les conquistadores, fâchés à leur tour pour la perte de leur unique source de ravitaillement (trop paresseux pour chasser et pêcher eux-mêmes), se mirent à les poursuivre pour les obliger à continuer leur "hospitalité". Les Indiens ne se laissèrent pas intimider par la supériorité des armements. Ils se défendirent en "guérilla" comme on dirait aujourd'hui, mirent le feu au camp de leurs "hôtes", ainsi qu'à quelques-uns de leurs navires. La famine commença alors à régner parmi les conquistadores. Trois parmi eux, tenaillés par la faim, tuèrent clandestinement un cheval de l'expédition pour se rassasier. Ayant été pris en flagrant délit d’hippophagie, ils furent condamnés par le chef de l'expédition, le Capitan Mendoza, à être pendus. Le soir de l’exécution, les corps des suppliciés se balançaient au gibet, mais le lendemain matin il n'y pendait plus que des squelettes, des os sans viande. Ils furent "anthropophagés" par leurs frères d'armes, lit-on dans une histoire écrite par F.A.Kirkpatrick, et intitulée LOS CONQUISTADORES ESPAÑOLES, éditions Espasa-Calpe, Madrid 1960, pages 213 à 216.
    De ces historiettes, Basile Y. en a plein la besace à l'instar de cet autre cas d'anthropophagie : le gouverneur de Cuba Diego de Velazquez envoya en 1528 un de ses lieutenants, Panfilo de Narvaez, explorer la Floride pour voir si c’était un bon terrain de chasse à l'Indien. Mais l'expédition fut un désastre, comme tout ce qu'avait entrepris ce Narvaez. Comme, par exemple, sa tentative de faire prisonnier le conquistador Cortés, concurrent du conquistador Velazquez, qui se solda par sa propre mise aux fers. D’autant que les Indiens de ce coin n'étaient pas les "douces brebis" des Antilles, comme les avait appelés Las Casas. Laissant les détails de côté, Basile s'empresse de nous rapporter ce qu'écrit au sujet de cette anthropophagie un des survivants de l'expédition :
"Cinq chrétiens (c'est à dire cinq espagnols ) qui étaient installés sur la côte, arrivèrent à une telle extrémité qu’ils se mangèrent les uns les autres, jusqu’à ce qu'il ne resta qu'un seul survivant, lequel étant seul n'avait plus personne à manger. Ils s'appelaient Sierra, Diego Lopez, Corral, Palacios, Gonzalo Ruiz". (Alvar Núñez Cabeza de Vaca, NAUFRAGIOS Y COMENTARIOS, éditions Espasa-Calpe (colleción Austral, Madrid 1971, page 41)
    Et on lit plus loin :
"...ceux qui mouraient, les autres les mettaient en pièces pour les manger et le dernier mort fut Sotomayor, qu’Esquivel mangea pour s’en nourrir, jusqu’au premier mars..." (Alvar Núñez Cabeza de Vaca, NAUFRAGIOS Y COMENTARIOS, éditions Espasa-Calpe (colleción Austral, Madrid 1971, page 41)
    Tout cela est atroce. Mais qu'allaient-ils faire en cette galère? Quel mal leur avaient fait les Indiens pour qu'ils aillent les tourmenter autant? Pourquoi ne se sont-ils pas nourris comme les Indiens, comme avait fait le sympathique auteur de cette chronique?
Par nar6 D.
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Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /Fév /2009 15:33


L e   jumeau du Rwanda, c'est son voisin du sud, le Burundi. Ils ont une géographie similaire, une structure sociale proche, une histoire séculaire commune. leurs destins ne se sont séparés qu'en 1959: au rwanda, la révolution paysanne hutu a vaincu, et ses dirigeants ont pris le pouvoir dans le pays; En revanche, au Burundi, les Tutsis ont gardé et même renforcé leur dominationen reconstruisant une armée et en créant une dictature militaire féodale. Toutefois le système des vases communiquants qui existe depuis longtemps entre les deux pays jumeaux a continué de fonctionner et le massacre des Tutsis par les Hutus au Rwanda a entraîné en représailles le massacre des Hutus par les Tutsis au Burundi et vice versa. Ainsi, quand en 1972, encouragés par l'exemple de leurs frères du Rwanda, les Hutus du Burundi ont essayé de faire chez eux leur révolution en assassinant pour commencer quelques milliers de Tutsis, ceux-ci ont répondu en tuant plus de cent mille Hutus. Les Hutus du Rwanda ont décidé de réagir; de plus ils ont été confortés dans leur décision par le fait que, pendant ce pogrom, quelques centaines de milliers de Hutus du Burundi se sont réfugiés au Rwanda, créant pour ce pays pauvre, sabs cesse confronté au cauchemar de la famine, un immense problème: comment nourrir ces foules de réfugiés?
Exploitant cette situation critique, le chef de l'armée Juvénal Habyarimana, organise en 1973 un coup d'Etat et se proclame président. ce putsch met au jour de profondes dissensions et conflits au sein de la communauté hutu. Le vaincu, le président Grégoire Kayjibanda est originaire d'un clan hutu du centre du pays connu pour ses tendances libérales et modérées. En revanche, le nouveau maître du pays vient d'un clan du nord-est du Rwanda représentant l'aile radicale et chauviniste des Hutus.
Habyarimana restera au pouvoir pendant vingt et un ans. Il se consacre à l'édification d'une dictature de fer. il introduit un système à parti unique. le leader de ce parti n'est autre que lui-même. Les membres du parti doivent tous habiter le pays depuis leur naissance. Il modifie en suite le schéma simpliste opposant les Hutus aux Tutsis. Il l'enrichit d'un clivage supplémentaire entre pouvoir et opposition. Si l'on est Tutsi, mais que l'on se montre loyal, on peut devenir maire de village ou de commune ( mais non cependant ministre). en revanche, si l'on critique le pouvoir, on se retrouvera derrière les barreaux ou finira à l'échafaud même si l'on est un Hutu de pure souche; En agissant de la sorte, le général fait preuve de bon sens pour sa survie, car l'opposition ne compte pas que des Tutsis mais des foules de Hutus qui le haïssent et le combattent comme ils le peuvent. le conflit au Rwanda n'est pas seulement une rivalité de castes, mais une lutte acharnée entre la dictature et la démocratie; c'est pourquopi parler et penser en catégorie ethniques est trompeur et illusoire. cela efface et tue toutes les valeurs profondes: celles du bien et du mal, de la vérité et diu mensonge, de la démocratie et de la dictature, en réduisant la réalité à une seule dichotomie superficielle et sécondaire, à un seul contraste, à une seule opposition: on aurait toutes les qualités uniquement parce que l'on est Hutu, on ne vaudrait rien uniquement parce que l'on est Tutsi.
La première tâche que s'assigne Habyarimana est donc le renforcement de la dictature. parallèlement à cette évolution, une nouvelle tendance se dévéloppe: la privatisation de l'Etat de plus en plus manifeste. le rwanda devient la propriété exclusive du clan de Gisenyi, la petit ville d'où est originaire le général, plus exactement la propriété de l'épouse du président, Agathe, de ses trois frères Sagatawa, Séraphin et Zed, et de quelques cousins. Agathe et ses frères appartiennent au clan des Akazus. ce nom devient une clef magique permettant de pénétrer les arcanes du Rwanda. Sagatawa, Séraphin et Zed ont des palais somptueux dans la région de Gisenyi d'où, avec leur soeur et son époux le général, ils dirigent l'armée, la police, les banques et l'administration. Un petit Etat perdu dans les montagnes au coeur du continent et gouverné par une famille vorace de caciques avides et despotiques, tel est le tableau qu'offre le rwanda à cette période.

Comment cet Etat a-t-il pu s'attirer une réoutation aussi sinistre aux yeux de l'opinion mondiale?

Il a  déjà été question de ces dizaines de milliers de Tutsis qui, en 1959, ont fui leur pays pour échapper à la mort. ils ont été suivis par des centaines de milliers d'autres; ces hommes se sont installés dans des camps situés à la frontière, au zaïre, en Ouganda, en Tazanie et au Burundi, créant des concentrations de réfugiés malheureux, impatients et obsédés par une seule chose: rentrer chez eux, retrouver leurs troupeaux; ils mènent dans ces camps une vie végétative, misérable et désespérée. mais, avec le temps, ils mettent au monde des enfants qui vont former une génération de jeunes désierux de réagir, de se battre. Leur but principal est bien sûr de revenir sur la terre de leurs ancêtres. La terre des ancêtres est un concept sacré en Afrique, c'est un lieu désiré, magnétique, la source de la vie. mais il n'est pas facile de sortir d'un camp de réfugiés. C'est même interdit par les autorités locales. La seule exception est l'Ouganda, où depuis des années règnent la guerre civile et le chaos. dans les années quatre-vingt, le militant Yoweri Museveni engage une guerre partisane contre le régime monstrueux de Milton Obote, psychopathe et bourreau. Musseveni a besoin d'hommes; il les trouve rapidement, car, outre ses frères Ougandais, les jeunes des camps rwandais s'engagent dans la résistance: il s'agit de Tutsis combatifs et motivés. Musseveni les accueille à bras ouverts. dans la jungle ougandaise, sous la direction d'instructeurs professionnels, ils suivent une formation militaire. Nombreux aussi sont ceux qui terminent une école d'officiers à l'étranger. En janvier 1986, Musseveni entre à kampala et prend le pouvoir. Les Officiers et les soldats de ces détachements sont souvent des jeunes Tutsis dont les pères ont été chassés du Rwanda et qui sont nés dans les camps.
   Pendant longtemps, personne ne prète attention à cette ramée bien instruite et expérimentée de Tutsis qui ne pensent qu'àprendre leur revanche sur ceux qui ont déshonoré et outragé leurs famille; pour le moment, ils tiennet des réunions clandestines, forment un Front Patriotique du Rwanda ( FPR) et se préparent à l'attaque. dans la nuit du 30 septembre 1990, il s'éclipsent des casernes de l'armée ougandaise et des camps frontaliers et, à l'aube, pénètrent au Rwanda. A Kigali, la surprise des autorité est totale. la surprise et l'effroi; habyarimana a une armée faible et démoralisée. de la frontière ougandaise à Kigali, il y a un peu plus de cent cinquante kilomètres. Les partisans peuvent arriver dans la capitale en un ou deux jours; c'est sans doute ce qui se serait passé, car l'armée de Habyarimana n'oppose aucune résistance. peut-être l'hécatombe de 1994 aurait-elle été évitée , s'il n'y avait eu ce coup de téléphone: un S.O.S. adressé par le général Habyarimana au président Mitterand.

Le départ de l'hécatombe:

Mitterand subit une forte pression de la part d'un lobby proafricain. Contrairement à la majorité des métropoles européennes qui se sont débarassées de leur héritage colonial, la France représente une cas de figure à part. Après la décolonisation, il reste un groupe important, actif et bien organisé d'hommes qui ont fait carrière dans l'administration coloniale, qui ont vécu dans des colonies et se sentent maintenant, en Europe, étrangers, inaptes et inutiles. d'un autre côté, ils sont profondement convaincus que la France est non seulement un pays européen, mais aussi une communauté regroupant tous les peuples de culture et de langue françaises, bref, que la France, c'est aussi un espace culturel et linguistique: la Francophonie. Traduite dans la langue simplifiée de la géopolitique, cette philosophie prône que si quelqu'un, quelque part dans le monde, attaque un pays francophone, c'est comme si la France était attaquée. Par ailleurs les fonctionnaires et les généraux du lobby proafricain souffrent d'un complexe de Fachoda ( petit village au sud du Soudan que la France a été contrainte sous la menace des armes, d'abandonner à l'angleterre; ce fut pour elle une grande humiliation); fachoda restera une blessure douloureuse, et aujourd'hui encore, dès qu'ils apprennent que les Anglophones s'apprètent à aller quelque part, ils se lancent aussitôt à l'attaque.
C'est ce qui se passe quqnd Paris apprend que les Tutsis anglophones sont partis des territoires anglophones de l'Ouganda pour pénétrer le territoire francophone du Rwanda, qu'ils ont violé les frontières de la Francophonie.

Les colonnes du FPR s'approchent de la frontière. le gouvernement et le clan Habyarimana font leurs valises. pendant ce temps-là, à l'aéroport de Kigali, des avions débarquent des parachutistes français. Selon la version officielles, ils sont deux compagnies. Mais c'est suffisant; les partisans du FPR veulent combattre le régime de Habyarimana, mais préfèrent ne pas risquer une guerre contre la France qu'ils n'ont aucune chance de gagner. Ils suspendent donc leur offensive sur Kigali, mais restent au Rwanda, occupant définitivement les territoires situés au nord-est. Le pays se trouve de facto divisé, les deux parties considérant qu'il s'agit d'une situation passagère, provisoire. Habyarimana compte qu'avec le temps il sera assez fort pour chasser les partisans. Quant à ceux-ci, ils espèrent que les Français vont se retirer et que le régime du clan akazu tombera du jour au lendemain.
Entre l'offensive d'octobre 1990 et le massacre d'avril 1994, trois ans et demi s'écoulent. dans le camp du pouvoir se déroulent des débats violents entre, d'une part, les partisans du compromis, de la création d'un gouvernement de coalition nationale ( les hommes de Habyarimana associés à ceux du FPR), d'autre part le clan fanatique et despotique akazu dirigé par Agathe et ses frères. Habyarimana use du faux-fuyants, hésite, ne sait que faire et perd de plus en plus la maîtrise des événements. Rapidement, c'est la ligne chauvine du clan akazu qui va prendre le dessus. Le camp akazu a ses idéologues: des intellectuels, des chercheurs, des professeurs de départements d'histoire et de philosophie de l'université de Butare: Ferdinand Nahimana, Casimir Bizimungu, Léon Mugesira et quelques autres. C'est à eux que l'on doit l'idéologie justifiant le génocide comme solution unique, comme seul moyen de survie. Selon la théorie de Nahimana et de ses collègues, les Tutsis appartiennent à une race étrangère. ce sont des peuples nilothiques qui, une fois arrivés au Rwanda, ont vaincu la population indigène hutu, l'ont exploitée, asservie et désorganisée. Les Tiutsis ont pris possession de tout ce qui avait de la valeur au Rwanda: la terre, le bétail, les marchés et, finalement, l'Etat. les Hutus ont été réduits à un rôle de peuple vaincu qui pendant des siècles a vécu dans la misère, la faim et l'humiliation. or le peuple hutu doit retrouver son identité avec les autres peuples du monde parmi lesquels il doit trouver une place.
Mais que nous enseigne l'histoire? Demande Nahimana dans des dizaines de discours, d'raticles et de brochures. Son expérience est tragique, elle est empreinte d'un pessimisme déprimant. Toute l'histoire des rapports entre les Hutus et les Tutsis n'est qu'une suite noire de pogroms et de massacres, de destructions réciproques, de migrations forcées et de haine déchaînée. Le Rwanda étant un pays minuscule, il n'ya pas de place pour deux peuples brouillés à mort et étrangers l'un de l'autre. De plus, la population au Rawanda s'accroît à un rythme vertigineux. Au milieu du siècle, le pays comptait 2 millions d'habitants; cinquante ans après, il en compte 9 millions; comment sortir de cette spirale infernale, de cette terrible fatalité dont sont du reste coupables les Hutus, avoue Mugesira en personne: " En 1959, nous avons commis une erreur fatale en permettant aux Tutsis de s'enfuir. Nous aurions dû agir à ce moment-là en les éliminant de la surface de la terre." Le professeur considère qu'il leur reste une chance de réparer cette erreur. les Tutsis doivent regagner leur véritable patrie sur les bords du Nil. " Nous les y enverrons, morts ou vifs!" s'écrie-t-il; Ainsi les chercheurs de Butare estiment que la seule issue, la "solution finale", c'est la mort, l'extermination d'un peuple.

Commence alors les préparatifs. l'armée, qui comptait 5000 hommes, atteint un effectif de 35000 soldats. la garde présidentielle, composée d'unités d'élite sophistiquées, devient la deuxième force de frappe ( c'est la France qui envoie les instructeurs, quant aux armes et au matériel, ils sont fornis par la France, la République d'Afrique du Sud et l'Egypte). Mais l'effort le plus grand est concentré sur la création d'une organisation de masse paramilitaire portant le nom de Interhamwe ( ce qui signifie "frappons ensemble"), à laquelle se rallient des hommes venus de villages et de bourgs, des jeunes chômeurs et des paysans pauvres, des écoliers, des étudiants et des fonctionnaires. cette foule immense chargée d'instaurer l'apocalypse suit une instruction militaire et idéologique au sein de cette organisation. Simultanément le gouvernement donne aux sous-prefets et aux prefets la consigne de préparer et de livrer des listes d'opposants: tous les individus suspects, peu sûrs, ambigus, mécontents, pessimistes, sceptiques ou libéraux. L'organe théorique du clan akazu est le journal Kangura. Mais la principale source de propagande et directives qui s'adresse à une société analphabète dans sa majorité est Radio Mille Collines. par la suite, au moment du massacre, elle lancera à plusieures reprises l'appel: " A mort! A mort! Les tombes des Tutsis ne sont pleines qu'à moitié. Dépêchez-vous de les remplir jusqu'au bord!".

Au milieu de l'année 1993, les Etats africains contraignent Habyarimana à conclure un accord avec le FPR. Les partisans du FPR sont censés faire partie du gouvernement et du Parlement. Par ailleurs, ils doivent représenter quarante pour cent des effectifs de l'armée. Mais ce compromis est inacceptable pour le clan akazu qui perdrait alors le monopole du pouvoir. Pour lui, il n'en est pas question, l'heure de la " solution finale" a sonné.

A Kigali le 6 avril 1994, des "personnes non identifiées" abattent d'une roquette un avion prêt à atterir. A son bord se trouvait le président Habyarimana qui, de retour de l'étranger, est marqué du sceau de l'infamie pour avoir signé un compromis avec l'ennemi; c'est le signal de dédaprt du massacre des opposants au régime, Tutsis avant tout, mais Hutus pour nombre d'entre eux. Dirigé par le régime, le massacre d'une population sans armes dure trois mois, jusqu'à ce que les troupes du FPR maîtrisent le pays tout entier, contraignant l'adversaire à s'enfuir, laissant derrière un million de victimes. La manière dattendre la "solution finale" en exterminant le peuple Tutsi importait beaucoup: il fallait que l'extermination implique une communauté criminelle, que la participation massive au crime fasse émerger un sentiment de culpabilité fédérateur. Désormais, chaque individu ayant sur la conscience une mort sait qu'il est à la merci de l'implacable loi du talion à travers laquelle il voit le spectre de sa propre mort.
C'est pour cette raison que, plus tard, terrorisés et vaincu, les Hutus ont fui au Zaïre ( actuel RDC) et, arrivés là-bas, se sont mis à errer, portant sur leut tête leur misérable bien. En regardant à la télévision ces colonnes interminables, les Européens ne pouvaient comprendre ce qui poussait ces "vagabonds" exténués à marcher ainsi, à avancer sans cesse, en bataillons disciplinaires, sans halte ni repos, sans manger ni boire, sans parler ni sourire, humblment, docilement, le regard vide; ils ne pouvaient comprendre ce qui forçait ces squelettes à parcourir leur effroyable et douloureux chemin de croix.
Par nar6 D.
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Samedi 24 janvier 2009 6 24 /01 /Jan /2009 13:20
    P our la plus part des mortels, le Rwanda n'existe qu'à partir de 1994, année fatidique pour ce pays qui va plonger dans l'abime. En effet , nous ne connaissons, pour la plupart , ce pays que par le génocide que son histoire a traversé. Jusqu'aujourd'hui, l'histoire du Rwanda constitue une des tâches sombres que l'Afrique a du mal à netoyer, tellement elles se sont incustrées dans l'hypocentre de son univers mythique. Il est persqu'impossible à un occidental d'évoquer la vie socio-politique du continent africain sans évoquer les "massacres à la machettes" dont ont été victimes une partie de la population rwandaise. Pour l'occidental, le Rwanda est devenu un concentré de la nature "sauvage" des Africains, qui pour un "oui" ou pour un "non" s'entretuent à la machette. Limité dans sa capacité à réfléchir en dehors des idéologies racistes des siècles passés, l'occidental est aveuglé par son souci obsessionnel de soigner son image et de paraître "la race la plus civilisée". Le Rwanda, comme bien d'autres pays en Afrique, a fourni un argument de taille au monde occidental qui se trouve reconforté dans sa position, autoatribuée, de "policeur" des cultures. Mais en réalité, a t-on le droit de se limiter au Rwanda pour coller une étiquette à tout un continent? Si la plupart des occidentaux s'accordent à le croire, l'Africain lui a eu la présence d'esprit de distinguer les Serbes-Cosovars de l'ensemble du continent européen, et de surtout comprendre que la civilisation européenne ne se limite pas à l'holocauste de 1939- 1945. La particularité du génocide Rwanda est une résultante de son histoire unique que nous proposons de rapeler, à partir des écrits de Ryszard Kapuscinski.

Le Rwanda est un petit pays, si petit que sur la plupart des cartes que vous trouverez dans les livres sur l'Afrique, il n'est signalé que par un point. Seule la légende vous indiquera que ce point au coeur du continent représente le Rwanda. Le relief du Rwanda est constitué de montagnes dont l'altitude atteint deux à trois mille mètres, voire plus. Aussi le Rwanda est-il souvent appelé le Tibet de l'Afrique, non seulement à cuase de son relief mais également de son originalité, sa particularité, sa différence. Car cette singularité concerne aussi la société rawandaise. Si la population des Etats africains est généralement multitribales, celle du rwanda n'est constituée que d'une seule tribu, les Banyaruandas, qui se divisent traditionnelmlement en trois castes: la caste des propriétaires de bétail, les Tutsis ( 14% de la population), la caste des agriculteurs, les Hutus ( 85%) et la caste des ouvriers et des domestiques, les Twas ( 1%). ce système de castes a été formé il y a des siècles ( entre le XIIe et le XVe siècle). L'ensemble est constitué en un royaume gouverné par la monarchie mwami issue de la caste tutsi.
    Prisonnier des montagnes, ce royaume n'entretient aucune relation avec l'exterieur. Les Banyarwandas n'organisent pas de conquêtes, ils n'admettent pas non plus d'étranger sur leur territoire. C'est la raison pour laquelle ils n'ont jamais connu le cauchemar des autres peuples africains, le trafic d'esclaves. Le premier Européen à pénétrer au Rwanda, en 1894, est un voyageur et officier allemand, le comte G. A. von Götzen. Il convient d'ajouter que huit ans auparavant, lors du partage de l'Afrique à la conférence de Berlin, les puissances coloniales attribuent le Rwanda aux Allemands sans qu'aucun rwandais, le roi y compris, en sopit informé. des années durant, les Banyaruandas vivent donc colonisés à leur insu. les Allemands ne manifestent pas d'intérêt pour cette colonie, et à l'issue de la Première Guerre mondiale ils la perdent au profit de la Belgique. Pendant longtemps, les belges ne sont guère plus actifs. Le Rwanda se trouve à plus de mille cinq cents kilomètres des côtes, mais surtout le pays ne présente à leurs yeux aucune valeur puisqu'on n'y trouve pas de matières premières. ce délaissement va permettre au sytème social des Banyaruandas de perdurer sous une forme inchangée jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle. Ce système se résume ainsi, rappelant le féodalisme européen: le pays est gouverné par un monarque entouré d'un groupe d'aristocrates et d'une foule de princes du sang. A eux tous, ils forment la caste dominante des Tutsis. Leur principale et unique richesse est le bétail: des zébus, une race de vaches à grande cornes en forme de sabre. Ces vaches ne sont pas abattues, elles sont sacrées. Les Tutsis se nourrissent de leur lait et de leur sang (le sang, recueilli des carotides incisées avec une pique, est versé dans des récipients lavés avec de l'urine de vache). Ce rite est la prérogative des hommes, car les femmes ne sont pas autorisées à toucher les vaches.
En revanche les Hutus, qui sont beaucoup plus nombreux, constituent une caste d'agriculteurs soumise aux Tutsi; Entre les Tutsis et les Hutus existent des rapports féodaux: le Tutsi est le seigneur, le Hutu son vassal. les Hutus constituent une clientèle pour les Tutsi. Ce sont des agriculteurs qui vivent de la culture de la terre. Ils rendent une partie de la récolte à leur maître en échange de quoi le seigneur les protège et leur loue une vache. Les Tutsis ont le monopole des vaches. Les Hutus ont seulement le droit de les emprunter à leur seigneur pour les exploiter. Exactement comme sous la féodalité: les mêmes relations de dépendance, les mêmes coutumes, les mêmes abus.


    Le commencement des hostilité:



Au milieu du XXe siècle, un conflit dramtique oppose progressivement les deux castes. le motif en est la terre. Le Rwanda est petit, montagnuex et peuplé. Le pays devient le théâtre d'une guerre entre ceux qui vivent de l'élevage du bétail et ceux qui cultivent la terre. Les troupeaux possédés par les Tutsis continuent de croître et leurs pâturages deviennent insuffisants; Le seul moyen de conquérir de nouveaux pâturages, c'est de confisquer la terre aux paysans, c'est-à-dire d'expulser les Hutus. Hors les Hutus vivent déjà dans la promiscuité. Leur population augmente rapidement. En outre, les terres qu'ils cultivent sont très pauvres, quand elles ne sont pas stériles. En effet les montagnes du Rwanda sont couvertes d'une mince couche de terre que les averses balaient à la saison des pluies, transformant les lopins de manioc et de maïs en roches nus et étincelants.
Ainsi d'un côté, les troupeaux de vaches puissants et envahissants, symbole de la richesse et de la force des Tutsis, de l'autre les Hutus, serrés, écrasés, refoulés: ils n'ont pas de place, il n'ont pas de terre, ils n'ont le choix que de partir ou mourir. tel est le contexte qui se présente aux Belges dans les années cinquante quand ils entrent en scène. Ils sont maintenant très actifs, car l'Afrique vit une période agitée. Une vague d'indépendance anticoloniales est en train de déferler sur le continent. Il faut donc agir, prendre des décisions. la Belgique fait partie de ces métropoles que ce mouvement d'émancipation à le plus surprises. Elle n'a aucune idée de ce qu'elle doit faire, ses fonctionnaires sont tous aussi désemparés. Sa réaction est classique et simple: retarder le dénouement, faire traîner les choses. Jusqu'à présent, les belges ont gouverné le Rwabda par l'intermédiaire des Tutsis, ils se sont appuyés sur eux, se sont servis d'eux; or les Tutsis, qui représentent parmi les Banyaruandas la classe la plus "éduquée" et la plus ambitieuse, aspirent maintenant à l'indépendance. Une indépendance immédiate, chose à laquelle les Belges ne sont pas du tout préparé! Alors Bruxelles change brusquement de tactique: elle laisse tomber les Tutsis et se met à soutenir les Hutus, plus dociles, plus conciliants. Elle commence à les exciter contre les Tutsis. Cette politique porte vite ses fruits. Enhardis, encouragés, les Hutus se lancent dans la bataille. En 1959, une insurrection paysanne éclate. Armés de machettes, de serfouettes et de piques, des bandes de paysans se déchaînent comme un cyclone sur leurs maîtres et souverains, les Tutsis.  Commence alors un massacre immense que l'Afrique n'a jamais connu. Les paysans brûlent les fermes de leurs seigneurs, ils leur tranchent la gorge et leur fendent le crâne. Le Rwanda baigne dans sang, le Rwanda est en flammes. Le bétail est abattu massivement. A cette période, le pays comte 2,6 millions d'habitants, dont trois cent mille Tutsis; On estime à quelques dizaines de milliers les Tutsis qui ont été à ce moment-là massacrés, au même nombre ceux qui ont fui dans les pays voisins: le Congo, l'Ouganda, le Tanganyika et le Burundi. La monarchie et la féodalité ont disparue, et la caste des Tutsis a perdu sa position dominante. le pouvoir a été pris par la paysannerie hutu. Lorsque le Rwanda acquiert l'indépendance en 1962, les hommes de la caste hutu viennent de former le premier gouvernement. Il est dirigé par le jeune journaliste Grégoire Kayibanda. Ce fut la première revolution Rwandaise, en même temps la première en Afrique en ce genre.


Le temps des plaies mal cicatrisées:

Les hutus comme les Tutsis se reveillent de cette révolution comme d'un r^ve. Les deux parties ont vécu un massacre, les uns comme bourreaux, les autres commes victimes. or une telle expérience laisse en l'homme une trace douloureuse et durable. les sentiments des Hutus sont à cette époque mélangés. d'un côté, ils ont vaincu leurs seigneurs, ont mis à terre le joug féodal et pour la première fois ont conqui le pouvoir. D'un autre côté, ils n'ont pas battu leur maîtres de manière définitive, ils ne les ont pas anéantis totalement et le fait de savoir que leur adversaire, meurtri mais toujours vivant, cherchera à se venger, sème dans leur coeur une peur insurmontable et mortelle. Et ils ont des raisons d'avoir peur. car bien que les Hutus aient conquis la forteresse montagneuse du Rwanda et qu'ls y aient installé leur pouvoir, une "cinquième colonne" de Tutsi ( cent mille homme environ) est toujours présente dans le pays; par ailleurs, les Tutsis qui hier ont été chassés du pays l'ont encerclé de leurs camps. et cet encerclement présente une menace peut-être plus grande encore.
Ainsi le drame rwandais, la tragédie du peuple banyaruanda, est dans l'impasse: exactement comme dans le drame palestinien, on se trouve devant l'impossibilité de concilier les causes de deux communautés revendiquant le même petit bout de terre, trop petit pour les acueillir toutes les deux.
Il n'est pas facile de vivre dans ce pays. de nombreux villages et petites villes sont en effet habités par une population mélangée. Les deux camps vivent côte à côte, se croisent sur les chemins, travaillent au même endroit. Tout le monde complote. dans ce climat de suspicion, de tension et de peur, la vieille tradition tribale des sectes clandestines, des alliances et des mafias secrètes renaît; réelles et fictives. Comme chacun appartient clandestinement à quelque chose, il est convaincu que l'autre aussi; Evidemment cet autre ne peut appartenir qu'à une organisation opposée, ennemie.

La contre-attaque Tusti:


Les Tutsis, qui se sont établis dans des camps le long de la frontière, complotent et contre-attaquent. En 1963, ils frappent par le sud, du Burundi voisin, où leurs frères de caste, les Tutsis burundais, exercent le pouvoir. Deux ans après, nouvelles invasion des Tutsis; l'armée hutu arrive à la contenir et se venge en organisant au Rwanda un énorme et terrible massacre. Il y a vingt mille morts, déchiquetés à la machette, ( cinquante mille, affirment certains).
Des années durant, des combats frontaliers, des pogroms, des massacres éclatent; les partisans tutsis ( que les Hutus appellent des cancrelats) brûlent les village et assassinent la population locale. Soutenue par sa propre armée, celle-ci organise à son tour des violences et des massacres.
Par nar6 D.
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Mardi 6 janvier 2009 2 06 /01 /Jan /2009 19:49
    Inventée par le président François Mitterrand ( l'homme qui a mis l'Afrique dans un désastre politique, l'homme par qui le malheur arriva, ceclui là -même qui devrait répondre de l'assissinat de sankara),  l’Organisation internationale de la Francophonie passe, malicieusement, pour une structure dédiée aux stratégies d’influence de Paris, surtout en direction de l’Afrique. Cette organisation va servir au départ d'outil bien aiguisé pour imposer la langue française comme unique moyen de communication dans les pays précédemment colonisés par la France, avant de s'hériger en un instrument de ménace et d'ingerence aux affaires des pays africains nouvellement indépendants. Le temps faisant son chemin, l'Afrique avec, les vraies intentions diaboliques de l'OIF vont se dessiner avec grande précision. Il sera loisible de constater avec quelle habileté la France via cette organisation fait pression sur les décisons éducationnelles et cultures de l'élite africaine soucieuse de mettre leurs pays respectifs sur le chemin de dévéloppement en repanssant les plaies de la colonisation française et en optant pour une restitution d'une identité africaine, gage de toute émancipation culturelle, intellectuelle et sociale. Tous ces efforts seront vains, car la toute puissante France usera de son outil malfaisant: la francophonie.  Elle mettra à mal toutes les véléités des Etats africains à sortir  des difficultés dans lesquelles ils se noient.  En fait, l'OIF était une doublure de la plus grande organisation mafieuse étatique, la françafrique, dont la france était l'instigatrice et la bénéficiaire avec la complicité du président Ivoirien Houphouet. Tandis que cette dernière s'occupait de mettre toute la vie politique des pays africains sous controle de la France d'une part, et d'organiser le pillage de leurs ressources d'autre part, l'OIF devait s'occuper de la destruction de l'identité culturelle africaine en soumettant sous contrainte tous les pays à la culture français. Ils l'ont fait avec beaucoup de succès gràce à monsieur Leopold Senghore qui fut l'instigateur de cet organe d'aliénation culturelle.  Gràce au pays d'Afrique parlant français comme langue officielle, le Français est retenu parmi les langues importantes de l'ONU et occupe la 3e place des langues les plus parlées de la planète derrière l'anglais et le Chinois, suivie de très près par l'espagnole.
En octobre dernier, l'heure était au bilan pour l'organisation chargée de la promotion de la francophonie.  

A l'occasion du 400e anniversaire de sa fondation, la ville de Québec accueillera en octobre le XIIe Sommet des chefs d’Etat francophones. Ce XII sommet s'est ouvert vendredi 19 octobre en fin de l'après midi dans le Centre des Congrès à Quebec. Présidé par le Premier Ministre canadien Stephen Harper , le rendez-vous s'est articulé autour de quatre enjeux: démocratie et état de droit; gouvernance et solidarité économique; environnememnt; langue française.

Vingt ans après le premier sommet qui s’est tenu à l’initiative du Président François Mitterrand, à Versailles, en 1986, la définition de la place occupée par la francophonie fût une nouvelle fois posée. 

Avec deux questions cruciales : la politique étrangère peut-elle encore utiliser la francophonie comme outil de la diplomatie ? Et la francophonie peut-elle perdurer en dehors de la diplomatie française ? 

C’est un défaut caractéristique des pouvoirs publics français que de tenter de résoudre un problème en créant une institution.

Puisqu’elle existe, on croit que la difficulté est surmontée, et voici qu’on s’engage dans des manœuvres politiques compliquées pour que vive l’institution et bientôt pour la justifier afin qu’elle survive, biensûr, au détriment de l'Afrique qu'elle parasite. 

Le cas de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est caractéristique : inventée par le Président François Mitterrand ( François , François, toujours lui...! Une vrai calamité pour l'Afrique. l'homme le plus pervers que la terre a supporter.) pour organiser la coopération avec les économies pauvres de l’ère francophones, et pour mobiliser dans ce sens les économies francophones riches, sois disant, elle a été pervertie ( pour ceux qui n'ont pas compri qu'elle était dès ses début une perversion à elle toute seule; surtout quant on sais que tout ce que Mitterand touchait en Afrique acquerait la marque de la perversion)  au point de devenir une structure de médiation politique dirigée par la France, au profit de la France.

Selon le général Emmanuel Beth, directeur de la coopération militaire et défense au ministère des Affaires Etrangères : "Le thème Paix et sécurité tend à prédominer dans les objectifs des institutions francophones : la prévention des conflits précède désormais la gestion de la coopération. L’Organisation internationale de la francophonie joue un rôle accru depuis le développement de la multilatéralisation au cœur de laquelle se trouve la question de la paix et de la sécurité (…) La francophonie apparaît comme un vecteur de retour à l’Etat de droit." Quels diaboliques ces personnes sans scrupule! Des déclaration à faire vomir. Ils ont tellement menti aux autres qu'ils ont fini par se mentir. Tout le monde sais aujourd'hui que la France oeuvre pour créer des conflits en Afrique et profiter d'un chaos éventuel pour piller les richesses. Du Rwanda aux deux Congo en passant par l'Angola, la france à toujours fourni des armes pour alimenter les conflits internes dont l'existence l'arrange dans ce sens qu'elle profite pour imposer son intervention dans le but de mettre au pouvoir ses hommes de confiances qui serviront ses intérêts. Sassou Nguesso n'est pas venu au pouvoir par magie; c'est bien la France qui l'a armé et soutenu sa guerre contre Pascal Lissouba, l'objectif étant de chasser les compagnie américaine de pétrole assoire la suprématie de Elf, Total et Bolloré. Résultat: Nguesso a exécuté les Congolais par centaine de miliers au grand soulagement de la France.

La transformation de l'OIF remonte à la Charte de Hanoï de 1997.

A cette époque, sous l’impulsion de son Secrétaire général, l’Egyptien Boutros Boutros Gali, l’organisation évolue, passant d'une organisation para étatique dont la France était le cœur, à une nouvelle francophonie détachée de la France. On sort, en théorie, d’une organisation dominée par le principe de l’Etat national.

Mais cette identité internationale n'empêche pas le retour des vieux démons.

Bien vite un glissement apparaît. Pour imposer l’utilité de son existence, l’Organisation internationale de la francophonie enfourche un nouveau cheval de bataille : l’action politique au niveau international, axée sur la prévention des conflits impliquant certains de ses membres. 

En quelques années, l’OIF devient une sorte de para ONU françafricaine pour la grande satisfaction des hommes politiques français, bien éloignée de la question linguistique commune. 

Ainsi, sous un prétexte en soi louable, c’est la question de la francophonie qui se trouve obérée. Pour beaucoup de pays qui adhèrent à l’Organisation internationale de la francophonie, celle-ci peut apparaître comme un outil diplomatique propre à la France, où les autres n’ont guère leur place. 

La francophonie est limitée par le complexe de Fachoda.

Elle est cantonnée au rôle d’un instrument destiné à bloquer l’adversaire, à le fixer sur ses positions, à lui interdire l’accès du Pré carré. Etant entendu que l’adversaire est forcément anglo-saxon. Le combat pour la francophonie est tout entier marqué par cette attitude.

Ces évolutions indiquent qu’il n’est pas certain que la France et la francophonie disposent d’une grande stratégie culturelle en faveur du français. 

 

Par nar6 D.
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Vendredi 5 décembre 2008 5 05 /12 /Déc /2008 16:55
Congo-Brazzaville : Les pêcheurs chinois chassent les Béninois

La présence des Chinois en Afrique n'est pas un souci en soi, et devait d'ailleurs être un avantage si le comportement des Chinois envers les Africains ne laissait pas à désirer. Il est désolant de voir l'attitude de Pékin vis-à-vis de certains dictateurs africains au pourvoir. L'exemple le plus répugnant reste leur soutien au régime de El Béchir, le président Soudanais qui est le commanditaire et l'auteur du génocide que ses milices,  les jamjawids [milices pro-gouvernementales] , perpétrent au Darfour, dont l'objectif est d'éliminer les Noirs Africains de cette région soudanaise. La Chine fournit les armes qui servent à exécuter froidement la population du Darfour. Aujoud'hui, un mandat d'arrêt international est lancé contre Béchir. Celà ne l'arrête, pourtant , pas dans son élan génocidaire en complicité avec le régime communiste de Pékin.
Un autre domaine par lequel les Chinois précipitent l'économie africaine dans un gouffre est celui du commerce. Le recit qui suit vous donne un apperçu du danger potentiel que représente les opérateurs économiques Chinois.


(Syfia Congo) Inquiétude à Pointe-Noire : les pêcheurs béninois qui assurent une grande part de l'approvisionnement de la ville en poissons, menacent de rentrer chez eux. Les pêcheurs industriels chinois qui écument la côte congolaise depuis deux ans leur font, en effet, une rude concurrence.

« Leur façon de pêcher m'enrage et me donne la chair de poule. Les Chinois massacrent toutes les espèces de poissons qui se trouvent dans l'océan congolais », s'inquiète Gaston, un pêcheur béninois installé depuis 1988 à Pointe-Noire, la capitale économique du Congo Brazzaville. Comme lui, les 1500 pêcheurs essentiellement béninois et ghanéens, qui, depuis plus de trente ans, pêchent sur les côtes congolaises, vivent de très mauvais jours depuis l'arrivée, en 2001, des pêcheurs chinois. Leurs 200 pirogues motorisées ne peuvent rivaliser avec les armements sophistiqués des Chinois, qui leur permettent de rafler en quantité requins, morues et bars sans tenir aucun compte de l'équilibre de l'écosystème marin. « Ils sont très fougueux, estiment les pêcheurs béninois. Dans quelques années, l'océan congolais ne fournira plus de poissons aux consommateurs. Car ils sont en train de massacrer tranquillement toutes les espèces, en sacrifiant même les fretins. » Depuis qu'ils sont là, soulignent-ils, la capture des requins a considérablement baissé. « Il nous est difficile ces derniers temps de capturer plus de dix requins en deux semaines alors qu'autrefois on revenait avec plus de vingt requins en une semaine », constate désemparé un vieux béninois qui juge que les Chinois sont de véritables écumeurs des mers partout où ils passent. Les autorités congolaises laissent faire. En 2001, elles avaient interdit pendant un an la pêche aux requins, une espèce protégée, menacée d'extinction, car sa reproduction est faible. Alors que les pêcheurs artisanaux de Pointe-Noire essayaient de respecter le mot d'ordre, les Asiatiques ont continué à décimer les requins avec le redoutable filet Kouta, malgré les plaintes des pêcheurs ouest-africains qui accusent les autorités congolaises de complaisance.

Retour au bercail

Ne pouvant plus tenir face à la concurrence de la pêche industrielle chinoise, les Béninois menacent de rentrer chez eux. « Dès que je recouvre mes dettes auprès de tous mes clients de poissons, je vais repartir chez moi, lance Gaston qui prévoit d'achever les travaux de sa maison et de changer d'activité. Ramata, quant à elle, a déjà rapatrié ses trois enfants nés et grandis à Pointe-Noire. Cette spécialiste en poissons fumés affiche son désespoir : « Je pensais finir les derniers jours de ma vie au Congo, mais malheureusement il faut déjà préparer le retour au pays ». Cette décision inquiète beaucoup les consommateurs ponténégrins (habitants de Pointe-Noire). Car les Béninois sont les maîtres dans la pêche artisanale et approvisionnent les marchés de la capitale et des autres régions du Congo en requins, chinchards, harengs, appelés Makouala en kituba, la langue locale, et très prisés. En 2002, ils ont pêché plus de 10 000 t de poissons. Ce sont eux qui ont initié à la pêche en mer les Vilis, autochtones de la région du Kouilou. Les Béninoises sont aussi réputées pour leur savoir-faire en enfumage. « Je préfère acheter leurs poissons fumés car ils sont très bien faits et résistent longtemps aux moisissures. Ceux que fument les Congolaises vilis s'abîment en deux jours », assure Madeleine, commerçante de harengs au marché du quartier industriel, Base Agip, non loin du village des pêcheurs. Pour Dalie, à la fois vendeuse et consommatrice de poissons de mer, « le départ des Béninois sera un drame pour nous. Car ils vendent leur poisson moins cher que les Chinois. Nous achetons une caisse de 20 kg de Makouala 3000 Fcfa (4,5 euros)aux Ouest Africains contre 5000 Fcfa chez les Chinois ». D'autres s'interrogent sur les intentions réelles des Chinois. « On ignore le temps de leur présence à Pointe-Noire, constate cette Ponténégrine. Il me semble qu'ils ne sont là que juste le temps d'exterminer les espèces de l'océan congolais. Après, iront-ils ailleurs ? »

par Solange Kibelolo
Par nar6 D.
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